Littérature – Vivre vite, Philippe Besson.

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James Dean sur le tournage de « Géant », 1955 (Droits réservés)

Il faut reconnaître que je fais partie de ceux qui connaissent James Dean pour sa légende, son destin tragique teinté d’une gloire fulgurante. S’il fallait faire un état des lieux de mes connaissances à son sujet : peu de films, une beauté réputée, une mort dans un accident de voiture …
James Dean est mort à 24 ans, en ayant eu le temps de laisser une trace indélébile dans la culture américaine et surtout dans le cinéma.

Lorsque j’ai vu cette couverture de livre, James Dean dans une marinière, regard vague devant un café, accompagné d’un titre presque épitaphe « vivre vite », cela m’a tout de suite intrigué. Autour de James Dean il a justement cette phrase, presque plus rock’n’roll que cinématographique « vivre vite et mourir jeune », qui semble avoir un sens profond pour toute sa génération.

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Livre (Julie G.)

Cette lecture a commencé par un peu de surprise, sur la forme, ce roman ose faire parler les morts, si je peux le dire ainsi. Ce n’est pas une biographie, mais un discours, peut-être même une discussion où James Dean et tous ceux qui ont traversé sa vie, reprennent vie dans un « je ». Les premières pages sont alors perturbantes, parce qu’on est un peu démuni face à ce que souhaite faire l’auteur, pourtant ça marche. Terriblement ça marche, on est dans l’histoire, dans les pas de James Dean … on est dans ses pas mais jamais complètement à ses côtés.
Au fil de la lecture on sent que l’auteur respecte la vérité et ne dépose donc que quelques éléments sur le destin de l’acteur. Il évoque tour à tour les premières douleurs de l’enfance avec la disparition de sa mère puis l’absence de son père, l’abus sexuel du pasteur de la commune … C’est aussi la naissance de sa flamme de comédien grâce à son professeur, ses premières représentations … jusqu’à ses relations amoureuses tourmentées entre hommes et femmes. Il raconte aussi comme il a toujours été attiré par la vitesse, presque sous toutes ses formes, voitures, motos, … Il jouait avec le danger en roulant toujours vite, s’amusant même à taquiner ses passagers. Quant à sa carrière, le livre présente aussi son ascension à travers des rencontres.

Philippe Besson plonge aussi dans la part d’ombre de James Dean, il décrit ce caractère fort, déterminé et insolent. On découvre qu’il a toujours eu une certaine assurance dans ses idées, sa manière de jouer ce qui n’a pas toujours été facile pour ses collaborateurs. S’il semble parfois être un volcan, le livre montre aussi la fragilité, son caractère taciturne. Dans ce tourbillon de traits de caractère, il y a aussi la passion des arts, sa curiosité, son attachement à sa famille et notamment son neveu, une forme sans doute de joie de vivre, d’intensité l’ayant entraîné à avancer, à foncer même. La force d’une vocation, d’une profonde certitude pour devenir acteur.

Enfin si au début de la lecture, ces « je » étaient troublants, ils sont très touchants et nous sont familiers. L’un des plus frappants est sans aucun doute celui Donald Turnupseed qui nous lâche comme ça, sans préparation « Je m’appelle Donald Turnupseed. Je suis l’homme qui a tué James Dean. ». Et quelle injustice on ressent à cette lecture, pas qu’il faut en vouloir à ce Donald, mais voir plutôt que même s’il roulait vite, même s’il se ferait certainement rattrapé par son insolence au volant … il n’est pas unique coupable de son destin. Le « je » de James Dean qui termine le livre est même bouleversant, car il nous fait vivre l’accident, il nous installe dans la tête du jeune acteur mais aussi au milieu de la carcasse de sa voiture … Mais il n’y a pas d’indécence, c’est au contraire une proximité qui nous donne à lire un peu plus encore l’intime d’un être resté aux yeux du monde une façade, celle d’une jeune gloire incandescente, d’une beauté fixée par la pellicule de photographes ayant fait naître un autre rôle encore à un homme déjà profondément multiple.

Il y a eu la légende, il y a maintenant la vie, il ne reste plus que son cinéma à rencontrer.

Julie G.


7 réflexions sur “Littérature – Vivre vite, Philippe Besson.

    1. J’ai adoré ! Et je suis ressortie complétement surprise de la vie de James Dean … j’en avais une image erronée via sa réputation, ses films … je ne me doutais pas vraiment de ces tourments, de sa vie amoureuse … C’est d’autant plus touchant !

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